Veille technologique

Nouvelles bouteilles de lait en PET : un problème de recyclage ?

Vous l’avez peut-être remarqué, les bouteilles de lait ne sont plus toutes les mêmes. Certaines sont mattes, les autres brillantes. Certaines ont un opercule, les autres n’en ont pas… Mais c’est quoi, ces nouvelles bouteilles de lait ?

En savoir plus

De nouvelles bouteilles de lait en PET non recyclables ?

L’innovation a été lancée en 2009 par une entreprise française basée dans le Loiret (LSDH). L’entreprise a mis sur le marché des nouvelles bouteilles de lait en PET (polyéthylène téréphtalate), et non plus en PEHD (polyéthylène haute densité). Ce matériau plastique donne des bouteilles brillantes, qui n’ont plus besoin d’un opercule aluminium pour assurer l’étanchéité de la bouteille. Mais bien que cette innovations ait déjà été adoptée par de nombreux industriels, la question de sa recyclabilité se pose.

Pourquoi changer de matériau ?

Pour les industriels, ces nouvelles bouteilles présentent bien des avantages. Leur arrivée sur le marché est due à une innovation technologique : la possibilité de rendre les bouteilles PET entièrement opaques à la lumière. Or, le lait y est sensible.

Ces bouteilles sont moulées sur place à partir de préformes soufflées dans un moule. Les bouteilles sont constituées de deux couches de plastique superposées. Une couche blanche extérieure et une couche grise intérieure. C’est la complémentarité de ces deux couches qui permet d’avoir un matériau 100 % opaque.

Les bouteilles obtenues peuvent être stérilisées à sec, puis remplies dans la foulée. Cela permet des économies d’eau, de matière première, de temps, une logistique facilitée…

De plus, la bouteille PET permet de faire des économies de matières premières. Les bouteilles sont plus légères. On passe de 24 g en moyenne pour une bouteille «classique», à 19 g pour les bouteilles PET, soit environ 20 % de réduction. Ces bouteilles ne nécessitent plus l’ajout d’un opercule en aluminium pour en assurer l’étanchéité. Cela est dû au matériau et à la possibilité de conditionnement stérile.

Au final, les bouteilles de lait en PET sont 20 % moins chères que les anciennes, et permettent en plus une logistique facilitée.

Emballage parfait ? un seul hic…

L’inconvénient majeur de ces bouteilles, et peut-être le seul -même s’il est de taille- est qu’elles ne sont pas recyclables. Du moins dans l’état actuel de nos infrastructures !

Jusqu’à présent, les bouteilles en PET étaient translucides, parfois colorées, mais pas opaques. En 2012, un peu plus de 50 % de bouteilles PET étaient recyclées. Un chiffre à améliorer, mais bon comparé à d’autres produits ou pays. L’arrivée de ces bouteilles opaques perturbe toute la chaîne de recyclage. Si ces bouteilles sont mises en granules avec le reste, ces granules ne peuvent plus être utilisées pour fabriquer à nouveau des bouteilles. En effet, le plastique obtenu est laiteux, donc non conforme aux attentes du marché. Rappelons quand même que le PET est aussi recyclé en fibres synthétiques, en polaire ou encore en ouate. L’introduction de PET opaque dans les chaînes de recyclage contraindrait à ne plus recycler les bouteilles en nouvelles bouteilles transparentes. Le hic est qu’il s’agit du principal débouché de la filière.

Il faudrait donc envisager de repenser les filières de recyclage, pour séparer les bouteilles opaques du reste et les recycler uniquement en textile. Un investissement conséquent…

Et avec le PEHD ?

Mais me direz-vous, pourquoi le problème ne se posait pas avec le PEHD (PolyÉthylène Haute Densité) ? Et bien parce que presque toutes les bouteilles PEHD sont opaques. Elles sont recyclées en bouteilles opaques, en mobilier et accessoires de jardin, en canalisation, etc. Aucun problème de mélange à des matières transparentes donc.

D’après les représentants de l’emballage, toutes les bouteilles de lait en PET pourraient représenter la totalité du marché d’ici 2020, voire avant. Il parait donc urgent de trouver une solution de recyclage ! Notons que le directeur du département recyclage d’Eco-Emballage, Carlos de Los Llanos, a lui-même reconnu que l’organisme n’avait pas prévu un développement aussi rapide de cette filière. Et donc n’avait pas eu le temps de trouver des solutions adaptées à son recyclage.

Lisez aussi notre article sur le design d’un packaging de lait.