Veille juridique

Packaging biodégradable ou packaging compostable ? Les différences

Entre packaging biodégradable et packaging compostable, la différence peut ne pas sembler évidente. Pourtant il en existe bien une, définie par la norme NF EN 13432, résumée dans notre article.

En savoir plus

Quelle est la différence entre un packaging compostable et un packaging biodégradable ?

On entend souvent parler d’emballage biodégradable ou d’emballage compostable. Cependant la définition exacte de ces qualificatifs est souvent mal connue. Il existe une norme européenne qui définit ces termes : la norme NF EN 13432. Voici un résumé de son contenu, précisant la différence entre packaging compostable et packaging biodégradable.

Packaging biodégradable

La biodégradabilité correspond à la conversion métabolique d’un produit en dioxyde de carbone, eau et humus. On mesure cette dégradation suivant des normes précises (ISO 14855 : biodégradabilité en conditions de compostage contrôlé). On considère un matériau comme biodégradable s’il atteint 90 % de biodégradation au bout de 6 mois ou moins.

Ainsi, un produit biodégradable se décompose et devient bio-assimilable sous l’action de micro-organismes (bactéries, champignons), de l’oxygène, de l’humidité ou encore de la chaleur. Il n’y a aucune obligation sur la taille des particules obtenues par biodégradation.

Mais pour être compostable, un matériau doit respecter des critères supplémentaires. Tous les produits compostables sont forcément biodégradables, mais l’inverse n’est pas valable. Un matériau biodégradable peut ainsi ne pas être compostable.

Packaging compostable

La notion de packaging compostable selon la norme NF EN 13432 se définit par rapport à l’utilisation d’un composteur industriel. Le produit n’est donc pas forcément adapté à un compostage à domicile.

Il y a 4 critères à remplir pour être compostable selon cette norme :

  • La désintégration du matériau : fragmentation totale du matériau en particules biodégradables de moins de 2 mm au bout de 3 mois. Cela se traduit par une absence de contamination visuelle du compost. Ce paramètre est mesuré à l’aide d’un tamis : moins de 10 % des particules doivent être retenues dans le tamis. Cette notion va plus loin que l’aspect biodégradable : le cycle de compostage est de 3 mois (contre 6 mois pour la biodégradabilité), les particules obtenues doivent faire moins de 2 mm et être elles-mêmes biodégradables.
  • La qualité du compost : très faible concentration en métaux lourds et pas d’écotoxicité. Pour vérifier cela, on effectue des tests de croissance des plantes avec un compost témoin certifié et dans le compost en question.
  • La stabilité des paramètres physico-chimiques : les concentrations d’azote, de phosphore, de magnésium et de potassium ne doivent pas être modifiées lors du compostage. Il est en de même pour le pH, le contenu salin et le niveau solides-volatiles.
  • Pas de perturbation des cycles de compostage : le matériau ne soit pas avoir d’effets néfastes sur le compostage (libération substances nuisibles par exemple).

Ce type de matériau est par exemple utilisé pour la fabrication des nouveaux sacs plastiques distribués dans les magasins, ceux fabriqués à partir de plastique classique n’étant plus autorisés depuis le 1er janvier 2017.